Plaie

Que faut-il faire ?

Toute plaie de la main doit être explorée en urgence.
La première chose à faire est de regarder si cette plaie est sur le trajet d’un nerf, d’un tendon ou en regard d’une articulation.

                   

L’examen ensuite recherche une atteinte vasculaire avec saignement important et surtout vérifie la bonne coloration de tous les doigts.

On recherche ensuite une atteinte nerveuse, c’est à dire une perte de sensibilité dans un territoire. Par exemple si un nerf collatéral de doigt est atteint le patient ne sent plus la piqûre de l’aiguille sur la moitié du doigt.

On recherche enfin une perte de mobilité qui peut signer une atteinte tendineuse. Mais il faut être prudent car pour des raisons anatomique, un tendon, notamment un extenseur peut être coupé sans que la mobilité soit altérée.

Une anesthésie locale est ensuite réalisée pour explorer cette plaie. On recherche une plaie articulaire, une lésion tendineuse ou nerveuse.

S’il existe le moindre doute sur une lésion d’une de ces structures une intervention est nécessaire.

L’intervention

Les lésions sont réparées, elles sont souvent associées entre elles, parfois il existe également des fractures à ne pas négliger :

    • Les lésions vasculaires : 2 artères irriguent 1 doigt. Si les 2 sont sectionnées, le doigt n’est plus vascularisé, il est blanc. C’est une urgence chirurgicale, au moins une des 2 artères doit être suturée dans les 3 heures qui suivent. Il s’agit de microchirurgie, les sutures se font à l’aide d’un fil non visible à l’œil nu, le diamètre de l’artère à la base du doigt mesure moins d’un millimètre


suture microchirurgicale
de l’artère et du nerf

    • Les lésions nerveuses : elles sont réparées sous microscope, la repousse nerveuse se fait ensuite à partir de la zone de suture à la vitesse d’un millimètre  par jour vers l’extrémité du doigt.
    • Les lésions articulaires : si une articulation est ouverte, elle doigt être lavée abondamment pour éviter une infection (arthrite), principal risque.

  • Les lésions des tendons extenseurs : les tendons sont suturés en restituant la même forme et la même longueur pour permettre un glissement harmonieux
  • Les lésions des tendons fléchisseurs : il existe 2 fléchisseurs par doigt, chacun est suturé. Les sutures doivent être solides, la traction d’un fléchisseur est 3 fois plus forte qu’un extenseur. La zone de suture doit être bien régulière car les adhérences sont fréquentes dans les suites surtout si la plaie siège à la moitié du doigt. On associe un surjet en plus d’un point central.
  • Les lésions cutanées : toute plaie est parée (on enlève les berges qui ont été en contact avec un objet contendant), et souvent agrandie pour faire le bilan sous jacent. Ce parage ne doit pas être économe quitte à ne pas pouvoir fermer. Lorsqu’il existe une perte de substance, exposant un tendon, un paquet vasculo-nerveux ou une articulation, la zone doit être couverte par un lambeau.

Les suites :

  • Pour une plaie simple, les points de suture sont gardés 15 jours.
  • Les plaies articulaires reçoivent en plus, 8 jours d’antibiotiques.
  • Un tendon extenseur suturé doit être immobilisé dans une attelle en extension 5 semaines.
  • Un tendon fléchisseur est immobilisé 6 semaines dans une attelle en flexion et la rééducation doit être débutée dans les jours qui suivent.
  • Un nerf suturé est immobilisé 3 semaines.
  • Enfin lorsqu’un doigt à été revascularisé ou qu’un lambeau à été fait , les suites sont souvent plus longues, notamment la durée d’hospitalisation.